La filière électromobilité en Hauts-de-France : un levier de croissance et d’innovation
20 avril 2026
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Dans le cadre de la transition vers les véhicules électriques, l’implantation d’entreprises de production de batteries et de gestion de leur cycle de vie a transformé les Hauts-de-France en un territoire clé de l’électromobilité. Accueillir de nouvelles entreprises, stimuler l’innovation et créer des emplois locaux : tels sont les enjeux de cette filière en plein essor. Pour en optimiser les retombées économiques et sociétales, une connaissance fine des compétences, expertises et savoir-faire présents sur le territoire est indispensable.
C’est dans cette optique que Lionel Montagne, Jean-Philippe Lecointe et Sébastien Drouart ont piloté un projet ambitieux : une cartographie fine des activités de recherche focalisées sur l’électromobilité en Hauts-de-France. L’analyse a été menée de manière à révéler les forces du territoire, à identifier les opportunités de collaboration et à accélérer la transition industrielle.
Quelques chiffres clés :
- 23 laboratoires impliqués dans la filière
- 96 projets collaboratifs lancé entre 2018 et 2023
- 147 thèses entre 2018 et 2023
Pour en savoir plus sur les objectifs, les enseignements et les perspectives de cette initiative, nous avons rencontré Lionel Montagne et Jean-Philippe Lecointe, à l’origine de ce projet ambitieux.
Bonjour Lionel, Bonjour Jean-Philippe pourriez-vous présenter en quelques mots ?
Nous sommes enseignants-chercheurs en chimie à l’Université de Lille et en génie électrique à l’Université d’Artois. Nous avons également des fonctions de Vice-Présidents dans nos établissements (Initiative d’excellence et projets structurants pour Lionel et Valorisation et Transfert de Technologie pour Jean-Philippe). Lionel a animé le Groupe Régional de Réflexion Prospective (G2RP) qui a travaillé sur ce sujet de la recherche en électromobilité en Hauts-de-France.
Pourquoi cette cartographie ? Quels étaient les manques ou les défis qui ont motivé la création de cette cartographie ?
L’électromobilité est totalement d’actualité et plusieurs laboratoires du territoire mènent des travaux de premier plan en lien direct avec ce sujet. L’objectif de la cartographie est d’afficher le potentiel de recherche en région afin de pouvoir communiquer efficacement et, notamment, de booster les partenariats industriels. Il s’agissait donc pour les institutionnels et les académiques d’identifier les forces et les faiblesses de la recherche régionale en termes de production scientifique, de moyens humains et expérimentaux, de partenariats mais également de relations avec le monde socio-économique.
L’électromobilité ne se limite pas aux véhicules électriques. Quels sont les autres maillons et expertises de la filière auxquels votre cartographie s’est intéressée ?
La première réflexion a porté sur la notion d’électromobilité qui désigne les façons de déplacer des personnes et des biens en utilisant partiellement ou totalement l’énergie électrique. Ainsi, l’électromobilité englobe la mobilité douce, la trottinette
par exemple, le transport routier allant de l’automobile au poids lourd, le transport guidé, le transport fluvial et le transport aéronautique. Nous avons décliné l’électromobilité selon 10 champs de compétences couvrant 3 volets : le domaine de la distribution (Réseau électrique, Infrastructures de recharge), le domaine de la traction électrique (Stockage, Convertisseurs électroniques de puissance, Machines électriques, Optimisation de la performance) et un volet transversal (Capteurs & connectique, Sciences Humaines et Sociales, Numérique & IA, Economie circulaire).
Y a-t-il des découvertes inattendues révélées par ce travail ?
La cartographie a mis en évidence la capacité du territoire des Hauts de France à couvrir tous les champs cités précédemment : les laboratoires sont en mesure de traiter la plupart des sujets en lien avec l’électromobilité. De plus, le recensement des moyens a mis en lumière des plateaux expérimentaux d’envergure, repésentant un total de 8500m² et des équipements de pointe. L’étude a également montré que la formation des docteurs dans ce domaine est très active avec 147 thèses soutenues en 5 ans !
Qui peut consulter cette cartographie et comment les acteurs peuvent-ils s’en emparer ?
Le document, plus de 150 pages, est en phase de finalisation. Il sera mis en ligne sur le site du pôle MEDEE et sera ouvert à tous les publics. L’objectif est évidemment de faire rayonner les unités de recherche du territoire.
Ce modèle pourrait-il être dupliqué dans d’autres filières sur le territoire des Hauts-de-France ?
La cartographie réalisée pour l’électromobilité a démontré l’intérêt de la démarche, aussi une réflexion est en cours pour étendre le concept à d’autres thématiques d’intérêt pour la Région Hauts de France. Ceci permettra notamment d’alimenter la réflexion sur la prochaine Stratégie de Spécialisation Intelligente (S3) régionale.
La cartographie sera consultable sur le site du pôle MEDEE